Rénover en copropriété : ce qui demande une autorisation, et ce qui n'en demande pas.
La plupart des travaux intérieurs se font librement. Mais quelques-uns, souvent les plus structurants pour un projet, exigent un vote en assemblée générale. Les repérer dès la visite évite de dessiner un projet impossible.
Mis à jour le 23 septembre 2026 · Lecture 6 min · Par Nicolas, MacroCe que vous pouvez faire sans demander
Dans votre appartement, vous êtes chez vous. Refaire les peintures, changer les sols, remplacer une cuisine au même endroit, refaire une salle de bain sans déplacer les évacuations, reprendre l'électricité, abattre ou monter une cloison non porteuse : aucun vote n'est nécessaire.
Deux réserves tout de même. Le règlement de copropriété peut imposer des choses précises : un revêtement de sol avec isolation acoustique minimale (fréquent dans les immeubles anciens quand on remplace une moquette par du parquet), des horaires de travaux, l'usage de l'ascenseur pour les gravats. Et le syndic doit être prévenu pour organiser la protection des parties communes et informer les voisins. Ce n'est pas une autorisation, c'est de la courtoisie qui évite bien des tensions.
Ce qui passe obligatoirement par l'assemblée générale
| Travaux | Pourquoi | Ce qu'il faut fournir |
|---|---|---|
| Ouvrir ou abattre un mur porteur | La structure est une partie commune, même à l'intérieur de votre lot | Étude d'un bureau d'études structure, plans, assurance de l'entreprise |
| Changer les fenêtres (modèle, couleur, matériau) | L'aspect extérieur de l'immeuble | Descriptif et visuel des menuiseries |
| Déplacer une salle de bain ou une cuisine sur une autre colonne | Raccordement aux canalisations communes | Plan des réseaux, avis du plombier |
| Percer un plancher (gaine, escalier, trémie) | Le plancher est une partie commune | Étude structure |
| Poser une climatisation, une hotte en façade, un volet | Aspect extérieur et parties communes | Descriptif, emplacement, nuisances |
Ces travaux relèvent de l'article 25 de la loi de 1965 : ils se votent à la majorité des voix de tous les copropriétaires, pas seulement des présents. Si le projet modifie l'aspect extérieur, une déclaration préalable en mairie peut s'ajouter, indépendante du vote de la copropriété.
Le vrai problème, c'est le calendrier
Une assemblée générale se tient en général une fois par an. Si votre projet a besoin d'un vote et que l'AG vient de passer, vous avez deux options : attendre la prochaine, ou demander au syndic une assemblée extraordinaire, à vos frais (convocation, tenue), ce qui reste souvent raisonnable au regard du projet.
Pour être inscrit à l'ordre du jour, le dossier doit arriver au syndic avant l'envoi des convocations, soit plusieurs semaines avant la date de l'AG. Un dossier arrivé la veille attendra un an.
C'est pour cette raison que la question des autorisations est la première que nous posons à la visite. Si le projet en dépend, on demande la date de la prochaine AG au syndic avant même de dessiner.
Horaires, nuisances et voisins
Même sans vote, un chantier en copropriété obéit à des règles. À Paris, les travaux bruyants sont autorisés en semaine et le samedi dans des plages horaires fixées par arrêté préfectoral et, souvent, resserrées par le règlement de copropriété. Le dimanche et les jours fériés sont exclus.
- Protection des parties communes : sols, murs d'escalier, ascenseur. Elle doit figurer dans le devis, avec l'évacuation des gravats.
- Information des voisins : un mot dans le hall avec les dates et un numéro à appeler suffit à désamorcer la plupart des conflits.
- État des lieux des parties communes avant et après, avec photos, pour ne pas se voir attribuer une rayure qui date de dix ans.